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Mise à jour : 26-avr-2026 |
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Peintre NATO salut, Mais
ce qui les embêtent c'est que tu les fasses au grand jour
avec la prétention d'être un artiste et non pas un pornographe, ce
qui, paradoxalement, les rassurerait.
Alors qu'ils demeurent pourtant très peu nombreux ceux à qui il a été donné de voir ce que tu fais, exceptions faites par la diffusion de rares reportages, plus ou moins pervertis, circulant sur toi à la télévision ou sur Internet ce procès d'intention n'a donc aucun sens. Dans la mesure où ce que tu fais s'avère être, médiatiquement parlant, fortement confidentiel comment peut-on t'accuser de profiter de la figure, soit disant usurpée, d'artiste. Alors qu'il est évident que tu n'en jouis pas publiquement et que tu ne t'en sers aucunement comme d'un ascenseur social ni comme d'une posture d'artiste. Après tout, si ton >truc ne se limitait qu'à tâter de la chair féminine, tu n'aurais absolument pas besoin de te cacher derrière l'art, sinon tous les partouzeurs seraient des artistes. À croire aussi, dans toutes ces attaques, que tu dupes tes modèles en te faisant passer pour un créateur alors que tu serais un charlatan cherchant à couvrir son délire libidineux. Charmante attention, mais qui leur dit que ces femmes n'y trouvent pas elles aussi leur compte. Et quel mal y aurait-il donc à se laisser tripoter ainsi ? Le problème c'est tout simplement la bonne morale, qui rend ton œuvre obscène aux yeux du tout venant, plutôt habitué à la simple pornographie pourtant infiniment plus vulgaire ce qui n'est d'ailleurs pas un jugement de valeur. En gros, on t'accuse de la même chose que Courbet, au siècle précédent, avec son Origine du monde, à la différence près que lui est exposé aujourd'hui au Musée d'Orsay simplement parce que sa peinture, elle, est sur une toile, ce qui doit paraître plus respectable à la plèbe. Le problème viendrait donc, aussi, tout bêtement du support; mais le jour où ceux-là comprendront, comme ton nom l'indique pourtant de façon limpide, que ce que tu fais C’EST de la peinture, de la peinture vivante totalement sortie de la toile, sans doute leur jugement ou plutôt celui de leurs descendants, aura évoluée. À moins que la pudibonderie s'acharne à faire de la résistance. Car de nos jours, à une période que l'on dit libérée au niveau des mœurs, le sexe se retrouve pourtant enfermé dans des cases clairement définissables comme celle de la pornographie. Cette malheureuse case, classée X, s'avère très pratique dans la mesure où, une fois définie, on peut y ranger tous les tabous autorisés. À partir de là, il n'y a plus de problème, c'est accessible à tout le monde: on sait que c'est porno, tout le monde comprend ce que c'est et peut même s'y retrouver, s'identifier quant à sa propre sexualité. Et comme, bien entendu, ça excite tout le monde, tout ça redevient tout ce qu'il y a de plus banal bien qu'encore difficilement avouable. Dès lors, on voit du
cul dans tous les films, et un magasine sur deux, toutes disciplines
confondues, place savamment en caractère gras le mot seXe
pour faire vendre ; et là ça passe.
Au final tout cela est plus physique qu'intellectuel, même pour ce qui est de ta musique. Cependant il semblerait qu'une grande part du public ne sait plus ressentir ces choses-là, d'une part parce que la culture de masse est radicalement entrain de saboter le champ des émotions, exactement comme les nazis déshumanisaient les prisonniers des camps de la mort. Le regard critique et l'éveil au monde se perdent progressivement, bien qu'il demeure d'une certaine manière une sorte de résistance à l'abrutissement: on ne peut, en effet, nier l'existence d'une élite s'intéressant beaucoup, et sincèrement, à l'art contemporain. Sauf qu'il semble résider ici, encore une fois, un malentendu puisqu'il s'agît plus dans ce cas de culture que d'art. Et il suffit qu'on fasse intervenir là-dedans un élément qui met en jeu la morale, comme peut le faire le sexe, alors là tout est faussé et les mêmes érudits deviennent subitement des béotiens, perdent leur acuité, leur regard, qu'ils n'ont sans doute jamais profondément eu, pour se retrancher de façon très snob derrière une certaine conception de la grandeur, afin de mieux t'enfoncer toi puisqu'ils ne comprennent pas ton travail ou ne s'en donnent pas la peine, ou ne veulent pas s'en donner la peine, et que ça les rendrait fous d'admettre qu'ils ne le comprennent pas. Quoi qu'il en soit, ton cheminement artistique est donc parfaitement cohérent et moderne, et ce tout en ayant des sujets très simples, presque basiques tout en traitant de fondamentaux de l'histoire de l'homme. Or les fâcheux s'entêtent, au contraire, à prendre tout à l'envers en jugeant ta posture au plus simpliste et tes sujets pour conceptuels et abscons comme si tu voulais y cacher le primaire de ta réflexion. À partir de là, vous ne parlez pas le même langage et l'échange est impossible; exactement comme lorsque Vergès évoque son concept de procès de rupture. Toi tu évolues dans l'art et l'essence de la peinture, tandis qu'eux stagnent dans la culture et la morale de la pensée juste. Car derrière tout ça, il y a donc, c'est évident, une question de morale, celle qui fait la différence entre la pornographie acceptée parce gérée intellectuellement, et tes happenings artistiques dont la réflexion et la puissance ne peuvent pour lors être maîtrisées. Que ce soit d'ailleurs par tes détracteurs comme par ceux qui vantent ton travail, car avec ces derniers aussi réside un malentendu: En effet, il faut bien admettre que parmi ceux qui disent suivre le peintre NATO et aimer ce qu'il fait, il y a un nombre certain qui s'arrêtent aussi au côté spectaculaire de la nudité et prennent juste le côté potache que ça peut induire sans rien comprendre de ce que tu fais en réalité, sans en saisir les enjeux artistiques, sans rien ressentir de profond. Ces imbéciles ne valent pas mieux que les autres puisqu'ils ne voient rien et stagnent à la surface du mec à poils, affichant le même snobisme que le commun de tes détracteurs, mais inversé, c'est-à-dire celui de montrer qu'on aime un artiste underground qui choque les bourgeois. Comme si la valeur d'un artiste ne se limitait qu'à sa position dans le jugement de l'échelle sociale ou intellectuelle ? L’histoire a montré que cette relation existe très fortement mais elle ne peut raisonnablement pas se réduire à un facteur qualitatif. Au final, je crois que ces fans sont tout aussi moralistes que les autres parce qu'ils ne reçoivent du nu que tu proposes que sa conception morale justement, sans y voir une quelconque forme de beauté, semble-t-il. Or, lorsqu'on déambule dans n'importe quel musée d’œuvres antiques et que l'on croise le chemin de quelque vénus ou apollon joliment dénudé, il ne nous vient pas à l'esprit de faire intervenir dans notre perception cette notion de morale. La différence avec ces innocentes statues c'est que toi tu touches en vrai (comme si la sculpture et la peinture n'étaient pas en vrai) tes modèles. Mais après tout, une fois que l'on a admis que ton travail était strictement du domaine de la peinture, il n'y a plus à se poser la question du fondement de ce que tu fais. On revient la dessus ; La nudité, ça existe, tu la peins. La masturbation, ça existe, tu la peins. Caresser des seins, ça existe, tu le peins. Lécher des sexes, ça existe, tu le peins. Et encore ne peins-tu pas que ça puisque ton travail tourne aussi souvent autour de l'effort physique ou de la valeur du temps, par exemple. Mais en tout cas tu peins ces premières choses devant lesquels les sots s'arrêtent. Or ce sont des sujets très communs, quotidiens même, banals, voir très beaux pour tout dire. Et on ne retient jamais que ton œuvre, foisonnante, est dans son ensemble très positive dans l'esprit. Tous ces sujets sont positifs, la sexualité est censée être positive dans l'épanouissement qu'elle peut amener. On a réussi à la caser dans la pornographie avec tous les aspects négatifs qui l'ont entachée ; et toi tu parviens à la mettre en scène, à la peindre, en te dégageant totalement de l'esprit du X pour en revenir à quelque chose de plus pictural. Et l'on continue à stigmatiser ce que tu fais, comme si, au bout du compte, on stigmatisait à nouveau la nudité, la masturbation, les caresses, la sexualité tout entière de ces choses positives on en refait des choses négatives puisqu'elles sortent des normes dans lesquels on les avait sagement rangés dans la pornographie De même que le côté positif de ton œuvre artistique est rendu négatif puisqu'il sort des normes que la culture admet pour l'instant. En somme, on attaque ta posture d'artiste pour mieux museler l'expression de la sexualité. Et voilà comment se fabriquent l'orthodoxie et la morale. Mais ceux qui protègent cette morale, consciemment ou non, se battent pour un présent qui pourrit à mesure que les artistes l'abandonnent pour en créer un autre. Tristoc |
Connais-tu vraiment Le Peintre Nato ?
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